Facebook Twitter Linkedin Email

Modèle de gestion pour la viabilité des socioécosystèmes

MGV, MODE D'EMPLOI !

  • 1er module : assurer la résilience écologique du socio-écosystème

La biodiversité étant le socle du bien-être humain, le modèle doit avoir une base écologique robuste. Les démarches de gestion adaptative (Kingsford et al., 2011) sont en ce sens particulièrement intéressantes. Leur prise en compte de l’échelle écosystémique est pertinente. Souvent distincte du périmètre des organisations ou de leur chaîne logistique, ce périmètre d’analyse et de travail permettent de définir, en concertation avec les acteurs ainsi identifiés, l’état socialement souhaitable du socio-écosystème. Associées à l’apprentissage (expérience, suivi, expérimentation, etc.) les pratiques peuvent ainsi être adaptées en fonction des actions mises en oeuvre. Ce processus permet de garantir le caractère résilient associé à cet état. L’existence de seuils écologiques est prise en compte. Les démarches d’expérimentation et d’apprentissage permettent de définir des cibles de gestion écologique. Il s’agit d’éviter les basculements lorsque de tels seuils ne sont pas identifiés et d’atteindre l’état souhaitable. Ces démarches d’expérimentation permettent de garantir la résilience écologique des socio-écosystèmes, leur viabilité (Aubin, 1991).

Ces exigences de gestion adaptative peuvent être sources de bénéfices pour les gestionnaires d’écosystèmes lorsque des services écosystémiques favorables à l’organisation sont rétablis, ou lors d’une transition vers des modèles économiques alternatifs et rentables (externalités positives). Mais elles peuvent être au contraire coûteuses et peser sur la compétitivité des acteurs (externalités négatives). Le modèle MGV convoque alors, dans son second module, des processus pour éviter de telles « pertes comptables écologiques » pour les gestionnaires.

  • 2nd module : l’optimisation comptable pour assurer la viabilité économique aux organisations du socio-écosystème

Première étape : identifier et caractériser la situation économique et les acteurs repérés :
Une comptabilité environnementalement différenciée rend compte des conséquences économiques de la gestion adaptative pour chaque organisation du territoire. Il est alors possible d’évaluer, grâce à différents outils, trois aspects importants de la situation : Les conséquences économiques de la gestion adaptative pour chaque gestionnaire du socio-écosystème, à l’aide d’une comptabilité environnementalement différenciée. L’état écologique du socio-écosystème pour chaque gestionnaire/organisation à l’échelle de son périmètre de responsabilité, grâce à un reporting environnemental. La comptabilisation des avantages économiques retirés des améliorations environnementales (par la provision de services écosystémiques) à l’échelle du socio-écosystème. De plus, la comptabilité environnementale différenciée et le reporting environnemental permettent d’identifier les gestionnaires légitimes à prendre en compte. On s’appuiera sur la matrice d’analyse des situations d’interactions entre organisations et écosystèmes, et leurs objectifs associés en termes de stratégie pour les acteurs.
 

Seconde étape : établir les différents contextes de pertes comptables écologiques et y suppléer par des processus d’optimisation :
L’enjeu de la viabilité est déterminé par les comptabilités environnementalement différenciées et le reporting environnemental permet de déterminer le niveau d’amélioration environnementale du milieu géré par l’évaluation de l’état de résilience (non-résilience, résilience voire optimisation des potentialités écologiques). A partir de ces données, il est alors possible d’identifier des processus d’optimisation adaptés en fonction de la menace inhérente à chacun des contextes. Les outils de mise en œuvre des processus d’optimisation sont de trois types :

- Un processus de statu quo, fondé sur le principe pollueur-payeur, pour les écosystèmes non résilients ou strictement résilients et les organisations économiquement viables ;

- Un processus de rémunération pérenne de la part des bénéficiaires de service écosystémique, basé sur le principe bénéficiaire-payeur, lorsque le gestionnaire optimise les potentialités écologiques des écosystèmes gérés, et cela quels que soient ses résultats comptables ;

- Un processus d’aides temporaires, économiques et techniques, financé par les bénéficiaires de service écosystémique. Cette application du concept de solidarité écologique est applicable lorsque les écosystèmes gérés sont non résilients ou strictement résilients.

RESULTATS DU MGV

Les aides techniques proposées en vertu de la solidarité écologique sont fondamentales dans le MGV. Soutiens de nature écologique (destinées par exemple à l’optimisation de certains services écosystémiques favorables au gestionnaire) et/ou stratégique (identification de nouvelles opportunités commerciales, mutation vers de nouveaux modèles économiques, mise en œuvre d’approches volontaires, création d’une approche volontaire innovante, etc.), elles favorisent la transition des gestionnaires vers des modes de fonctionnement économiquement viables. Elles garantissent ainsi la dimension temporelle du processus. Dans le MGV, les aides financières et techniques ainsi que les rémunérations pérennes sont assumées par les bénéficiaires de services écosystémiques, via les avantages qui résultent des améliorations écologiques émanant de la gestion adaptative. Dans une logique de solidarité écologique, les avantages retirés des services écosystémiques « locaux » au niveau du territoire et dont les bénéficiaires sont identifiables pré- cisément, doivent être évalués et présentés dans une comptabilité environnementale appropriée. Le modèle peut également mobiliser les bénéfices retirés des services écosystémiques « globaux », à des échelles variables et dont les bénéficiaires sont nombreux et diffus, via divers instruments économiques et/ou fiscaux.

Compta Durable